En une minute
L'essentiel
Prérequis
Le nucléaire en 5 minutes, côté mécanique
Un REP (réacteur à eau sous pression, PWR en anglais) est la technologie de tout le parc électronucléaire français. Pour la mécanique, il se résume à deux circuits d'eau sous pression :
- Circuit primaire : l'eau traverse le cœur du réacteur, à environ 155 bar et 290-330 °C. Elle reste liquide grâce à la pression. Composants : la cuve (acier faiblement allié forgé, de l'ordre de 20 cm d'épaisseur, revêtu d'inox), le pressuriseur, les pompes primaires, les tuyauteries primaires et la partie primaire des générateurs de vapeur. Cette eau est radioactive.
- Circuit secondaire : de l'eau non contaminée, chauffée dans les générateurs de vapeur à travers des milliers de tubes en alliage de nickel, produit la vapeur qui fait tourner la turbine.
- Circuits auxiliaires et de sauvegarde : injection de sécurité, refroidissement à l'arrêt, contrôle chimique… Des centaines d'équipements : réservoirs, échangeurs, robinets, pompes, tuyauteries.
Où sont les classes. Classe 1 : tout ce qui contient l'eau primaire (cuve, pressuriseur, pompes, tuyauteries primaires, côté primaire du GV), jusqu'aux vannes d'isolement des tuyauteries qui s'y raccordent. Classe 2 : le côté secondaire du GV et les lignes vapeur et eau alimentaire jusqu'aux vannes d'isolement hors de l'enceinte, et les circuits de sauvegarde comme l'injection de sécurité (RIS) et le refroidissement à l'arrêt (RRA). Classe 3 : les circuits support qui évacuent la chaleur des précédents vers la source froide, le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI) et l'eau brute secourue (SEC). Non classé : la salle des machines, comme dans une centrale thermique classique. Les sous-sections G (internes de cuve), H (supports, non dessinés) et P (traversées d'enceinte) complètent le tableau.
Schéma de principe d'un REP français, une seule boucle dessinée sur trois ou quatre. Les limites exactes entre classes (classe du côté secondaire du GV, position des vannes frontières) sont fixées projet par projet par le concepteur de la centrale. à vérifier selon le projet
Ce qui change par rapport à un appareil à pression industriel :
- La conséquence d'une rupture n'est pas seulement mécanique : elle peut libérer de la radioactivité. D'où un classement des équipements selon leur importance pour la sûreté, et des exigences graduées.
- Des chargements spécifiques : transitoires thermiques sévères (fatigue), séisme, situations accidentelles (rupture de tuyauterie, perte de refroidissement), irradiation de la cuve (fragilisation de l'acier ferritique).
- Une durée de vie longue (40 à 60 ans et plus) et une traçabilité exigée sur toute la chaîne, du lingot à la pièce finie.
Deux classements à ne pas confondre
Classement de sûreté (technique)
Classes 1, 2, 3 du RCC-M. La classe 1 regroupe les équipements de l'enveloppe du circuit primaire (cuve, pressuriseur, tuyauteries primaires) ; les classes 2 et 3 des circuits de sauvegarde et auxiliaires, moins sollicités ou moins critiques. La classe d'un équipement n'est pas choisie par le code : elle vient de l'analyse de sûreté du concepteur de la centrale (EDF) et est inscrite dans la spécification de l'équipement.
Classement réglementaire (juridique)
Niveaux N1, N2, N3 de l'arrêté ESPN, selon l'ampleur des rejets radioactifs que provoquerait une défaillance (N1 = le plus exigeant, qui recouvre notamment les circuits primaire et secondaire principaux), croisés avec des catégories de risque (0, I à IV) qui dépendent de la pression et du volume, comme dans la directive européenne sur les équipements sous pression. à vérifier sur Légifrance
Les deux classements se recoupent largement (un équipement de classe 1 est en général N1) mais ne se superposent pas : l'un sert à choisir les règles techniques, l'autre fixe les obligations légales et le contrôle par l'autorité.
Contexte
Qui l'écrit, pour qui
L'auteur : l'AFCEN
L'AFCEN (Association française pour les règles de conception, de construction et de surveillance en exploitation des matériels des chaudières électronucléaires) a été créée en 1980 à l'initiative d'EDF et de Framatome, au moment où la France construisait son parc sous licence Westinghouse. Elle est certifiée ISO 9001 et rédige aujourd'hui une famille de sept codes (voir périmètre).
Le RCC-M est tenu par une sous-commission d'environ 220 experts répartis en 7 groupes de travail : généralités, matériaux, conception, soudage et fabrication, méthodes de contrôle, technologies de surface, qualification des matériels actifs (pompes et robinets). Elle est présidée en 2023 par une experte de Framatome. Des groupes d'utilisateurs existent au Royaume-Uni, en Chine et au niveau européen (atelier CEN CWA 64).
Les utilisateurs
| Acteur | Rôle vis-à-vis du code |
|---|---|
| Exploitant et concepteur de la centrale (EDF, ou un client étranger) | Choisit le code et son édition, classe les équipements, fixe les chargements dans la spécification d'équipement. Donneur d'ordre. |
| Fabricant de l'équipement (Framatome, chaudronniers, robinetiers, pompistes…) | Applique le code, conçoit et justifie, établit le dossier de fabrication, démontre la conformité réglementaire. Responsable juridiquement de son équipement. |
| Fournisseurs de matériaux, forgerons, fondeurs, sous-traitants (soudage, contrôles) | Appliquent les spécifications d'approvisionnement (STR) et les règles de qualification qui les concernent. |
| Organismes habilités et autorité de sûreté (ASNR) | Évaluent la conformité des équipements à la réglementation ; jugent si des parties du code sont des moyens appropriés. |
| Bureaux d'études, ingénierie, R&D | Calculs, analyses mécaniques et de rupture, propositions d'évolution du code. |
Où il est utilisé
Toutes les centrales françaises depuis le début des années 1980, et les réacteurs français exportés ou dérivés : Koeberg (Afrique du Sud), Daya Bay et Ling Ao puis la flotte chinoise CPR-1000, les EPR d'Olkiluoto 3 (Finlande, édition 2000 + 2002), Flamanville 3 (édition 2007), Taishan (Chine), Hinkley Point C (Royaume-Uni, édition 2007 + 2010), et le programme EPR2 en France.
Contexte
À quoi il sert
Selon l'AFCEN, le RCC-M couvre, pour les matériels mécaniques des îlots nucléaires REP :
- le dimensionnement et la justification par le calcul ;
- le choix des matériaux et leurs conditions d'approvisionnement ;
- la fabrication et le contrôle, y compris les qualifications (modes opératoires, soudeurs, opérateurs), les méthodes de contrôle et les critères d'acceptation des défauts ;
- la documentation associée et l'assurance qualité.
Concrètement, on l'ouvre pour :
Concevoir
Choisir une épaisseur, vérifier une bride, justifier une tuyauterie au séisme, mener une analyse de fatigue ou de rupture brutale.Acheter
Rédiger une commande de tôles, de pièces forgées ou de produits d'apport conforme à la spécification de référence (STR) du matériau.Fabriquer
Qualifier un mode opératoire de soudage, fixer un traitement thermique, définir les contrôles non destructifs et leurs critères.Démontrer
Constituer le dossier qui prouve la conformité aux exigences réglementaires (annexes ZY et ZZ), traiter une non-conformité, répondre à un auditeur.Contexte
Quelle valeur légale ?
C'est le point le plus contre-intuitif pour un débutant : le RCC-M n'est ni une loi, ni un règlement, ni une norme homologuée. C'est un document privé, vendu sous copyright, d'application volontaire. Sa force vient de trois mécanismes qui s'empilent :
Ce que cela implique
- Appliquer le RCC-M ne suffit pas à être conforme, et ne transfère aucune responsabilité : le fabricant reste responsable de démontrer que son équipement satisfait aux EES. Le code lui-même signale ses limites (annexe ZZ 200 depuis l'édition 2022) : là où il ne couvre pas une exigence, le fabricant doit compléter.
- La « reconnaissance » par l'autorité est ciblée. L'ASN (devenue ASNR le 1er janvier 2025 en fusionnant avec l'IRSN) envoie à l'AFCEN des courriers de reconnaissance qui portent sur des dispositions précises et parfois assorties de conditions. Exemple : le courrier du 24 avril 2024 juge « appropriées » les dispositions de qualification technique des matériaux (annexes ZY 320 et ZY 350) pour l'exigence 3.2 de l'annexe I de l'arrêté. Ce n'est pas une approbation globale du code.
- L'évaluation de conformité est faite par un tiers : un organisme habilité, ou l'autorité de sûreté elle-même pour les équipements N1 les plus importants.
- À l'étranger, la valeur du code dépend du régulateur local (ONR au Royaume-Uni, NNSA en Chine, STUK en Finlande), qui l'accepte comme base de conception, souvent avec des exigences additionnelles.
- Le code est payant et sous copyright : environ 2 950 € l'édition papier, ou un abonnement en licence individuelle et nominative.
Pour un projet Orano
L'arrêté ESPN s'applique aux équipements sous pression des INB en général, pas seulement aux réacteurs ; les usines du cycle (La Hague, Melox, Tricastin) sont des INB. Mais le RCC-M a été écrit pour les REP : l'utiliser pour un équipement d'usine du cycle est un choix à justifier, et son cousin le RCC-MRx, plus général, est parfois mieux adapté. À clarifier avec le donneur d'ordre (voir questions).Organisation
Structure du code
Le code est rangé comme un ingénieur range un projet : d'abord les règles par type d'équipement (section I), puis des sections « métier » transverses auxquelles la section I renvoie sans cesse (matériaux, contrôles, soudage, fabrication). Contenu des éditions 2022-2024, d'après la fiche AFCEN :
- Sous-section A : règles générales (domaine d'application, classement, normes de référence en
A 1300, documentation, système de management de la qualité enA 5000) - B : matériels de classe 1
- C : matériels de classe 2
- D : matériels de classe 3
- E : petits matériels
- G : structures supports du cœur (internes de cuve)
- H : supports (des équipements classés)
- J : réservoirs de stockage à basse pression ou atmosphériques
- P : traversées de l'enceinte de confinement
- Z : annexes techniques
- Règles générales d'approvisionnement
- Spécifications techniques de référence (STR) : une fiche par produit et nuance, ex.
M 3321,M 3209 - Composition, élaboration, traitement thermique, essais de réception
- Ultrasons (dont TOFD et multiéléments)
- Radiographie (dont numérique)
- Ressuage, magnétoscopie, courants de Foucault
- Contrôles visuels et autres méthodes
- Recette des produits d'apport
- Qualification des modes opératoires (en lien avec NF EN ISO 15614-1)
- Qualification des soudeurs et opérateurs
- Soudures de production, coupons témoins
- Formage, usinage, assemblage
- Traitements thermiques (y compris locaux après soudage)
- Propreté, protection, marquage
- Règles nouvelles, en test avant intégration au code
- RPP 1 à 10 : management de la qualité (ISO 19443), courbes de fatigue, qualification des pompes et robinets, assemblages nucléaires, méthodes alternatives de fatigue, plaques à tubes, brides boulonnées…
La numérotation, clé de lecture
Chaque paragraphe porte une adresse : la lettre de la sous-section ou de la section, puis un nombre dont le premier chiffre indique le chapitre. Dans les sous-sections B, C et D, les chapitres suivent le même plan, ce qui permet de passer d'une classe à l'autre :
| Chapitre | Contenu | Exemple |
|---|---|---|
x 1000 | Généralités, domaine d'application | |
x 2000 | Matériaux (renvoie à la section II) | |
x 3000 | Conception et calcul | B 3170 et C 3170 : mise en garde sur le risque d'effet bouilloire (édition 2022) |
x 4000 | Fabrication (renvoie aux sections IV et V) | |
x 5000 | Contrôles (renvoie à la section III) et critères d'acceptation | |
x 6000 | Épreuves hydrauliques | |
x 7000 | Protection contre les surpressions |
Le plan par chapitre suit celui de l'ASME III ; les intitulés exacts et l'existence d'un chapitre 8000 sont à vérifier dans le texte
Les annexes de la sous-section Z
Deux statuts, à ne pas mélanger :
Obligatoires
ZI ZII ZIII ZIV ZV ZVI (chiffres romains). On y trouve notamment les caractéristiques des matériaux pour le calcul (contraintes admissibles, limites d'élasticité, modules…) attribution à vérifier
Non obligatoires (méthodes proposées)
ZA ZD ZE ZF ZG ZL ZM ZS ZY ZZ. Parmi elles :
ZG: résistance à la rupture brutale (réécrite en 2022, approche RTT0 en 2024)ZL: effets de l'eau du circuit primaire sur la fatigue (2024, remplace la RPP 3)ZY: exigences de la réglementation française ESPNZZ: correspondance avec les exigences essentielles de sécurité et limites du code
« Non obligatoire » veut dire que le code propose une méthode parmi d'autres possibles ; en pratique, ZY et ZZ sont incontournables pour un équipement installé en France.
Pour le mécanicien
La logique du dimensionnement
Si tu connais l'ASME VIII division 2 ou l'EN 13445 (conception par analyse), tu es en terrain connu. Le RCC-M raisonne en trois étapes :
1. Identifier les dommages à éviter
Dommages de type P (chargement imposé)
- déformation excessive
- instabilité plastique (ruine)
- instabilité élastique ou élasto-plastique (flambage)
Dommages de type S (chargement répété)
- déformation progressive (rochet)
- fatigue (amorçage de fissure)
Et à part : la rupture brutale des aciers ferritiques (annexe ZG, mécanique de la rupture).
2. Classer les situations
Chaque situation que l'équipement peut rencontrer (fonctionnement normal, incident, accident, épreuve) est associée par la spécification d'équipement à un niveau de critères : O (conception), A (normal et incidents fréquents), B, C, D (situations de plus en plus rares et graves, où l'on accepte des marges plus faibles, jusqu'à de la déformation permanente pour D), plus un niveau propre aux épreuves. L'esprit : plus la situation est improbable, plus on tolère d'endommagement, mais jamais la perte d'intégrité.
3. Vérifier des critères sur des contraintes classées
Les contraintes calculées (élastiquement, le plus souvent) sont décomposées en membrane, flexion, primaires (P, équilibrent les efforts), secondaires (Q, auto-limitées, comme les contraintes thermiques) et pics (F). On les compare à une contrainte admissible Sm fixée à partir de Rm et Rp0,2. En classe 1, la famille de critères ressemble à celle de l'ASME III : Pm ≤ Sm, Pm + Pb ≤ 1,5 Sm, amplitude de P + Q ≤ 3 Sm, facteur d'usage en fatigue ≤ 1. valeurs à confirmer en B 3200
Les classes 2 et 3 utilisent surtout des règles forfaitaires (formules d'épaisseur, conception par formules), plus simples et plus conservatives, avec une analyse détaillée possible en option.
Côté matériaux
Le code travaille avec des nuances codifiées, désignées à la française (ancienne norme AFNOR) : par exemple 16MND5 (acier faiblement allié Mn-Ni-Mo des cuves et générateurs de vapeur), les aciers inoxydables austénitiques type Z2CN18-10 (304L) et Z2CND17-12 (316L), les alliages de nickel comme l'alliage 690 des tubes de générateur de vapeur. Pour chaque produit, la STR fixe l'élaboration, la composition, le traitement thermique, le prélèvement et les essais (traction, résilience Charpy, Pellini, etc.). Depuis l'édition 2018, l'annexe ZY 320 traduit l'exigence réglementaire de qualification technique : prouver que le procédé de fabrication maîtrise les hétérogénéités de la pièce. L'anomalie de ségrégation du carbone découverte en 2015 sur la cuve de Flamanville 3 a montré l'enjeu de cette exigence.
Périmètre
Ce qu'il couvre, ce qu'il ne couvre pas
Couvert
- Équipements mécaniques sous pression des classes de sûreté 1, 2, 3 des îlots nucléaires REP : cuves, générateurs de vapeur, pressuriseur, échangeurs, réservoirs, tuyauteries, pompes, robinets
- Certains éléments non sous pression : internes de cuve, supports d'équipements classés, réservoirs de stockage, traversées d'enceinte
- Toute la chaîne de la conception à la livraison : calcul, matériaux, fabrication, soudage, contrôles, épreuve, documentation, qualité
- Les ponts vers la réglementation française et européenne (annexes ZY, ZZ)
Non couvert
- L'exploitation : inspections en service, analyse de défauts découverts, réparations, remplacements → RSE-M
- La haute température (fluage), les réacteurs à neutrons rapides, de recherche, la fusion → RCC-MRx
- Le combustible → RCC-C ; l'électricité et le contrôle-commande → RCC-E ; le génie civil → RCC-CW ; l'incendie → RCC-F
- Le classement de sûreté des équipements et la définition des chargements (séisme, transitoires) : fournis par le concepteur de la centrale
- Les procédures réglementaires elles-mêmes (évaluation de conformité, autorisations) et plusieurs sujets traités en guides séparés (PTAN) : analyse de risques, radioprotection, inspectabilité, notice d'instructions
- Les équipements non classés de la centrale (partie conventionnelle) → normes et codes industriels classiques
La famille des codes AFCEN
| Code | Domaine |
|---|---|
| RCC-M | Matériels mécaniques des REP, conception et construction |
| RSE-M | Surveillance en exploitation des matériels mécaniques des REP |
| RCC-MRx | Matériels mécaniques des réacteurs à haute température, expérimentaux et de fusion |
| RCC-C | Assemblages de combustible |
| RCC-E | Matériels électriques et contrôle-commande |
| RCC-CW | Génie civil |
| RCC-F | Protection contre l'incendie |
Versions
Éditions et vie du code
- 1981Première publication.
- 2000 + 2002Base de l'EPR d'Olkiluoto 3 (Finlande).
- 2007EPR de Flamanville 3, projets chinois ; avec addenda 2010 pour Hinkley Point C.
- 2012Dernière édition du rythme « tous les 3 à 7 ans ».
- 2016, 2017, 2018Éditions rapprochées pour démontrer la conformité à l'arrêté ESPN et à la directive européenne ; création des annexes ZY et ZZ. L'édition 2017 sert aux interventions sur le parc EDF.
- 2020Douzième édition.
- 2022Treizième édition, 141 fiches de modification (FM 1723 à 1863) : annexe ZG réécrite, A 5000 et RPP 1 refondus (ISO 19443), RPP 7 à 10, ultrasons TOFD et multiéléments, magnétoscopie, soudage.
- 2024Quatorzième édition, la plus récente : 127 fiches (FM 1864 à 1993). Soudage et traitements thermiques locaux, nuance P355, nouvelle courbe de fatigue des austénitiques, annexe ZL (environnement), RTT0 dans ZG, précisions dans ZY.
- 2025-2026« Référentiel RCC-M 2018 modificatif EPR2 » : l'édition 2018 enrichie de 84 fiches des éditions 2020-2024 et de conditions de l'ASNR, à la demande d'EDF (courrier du 17/11/2025).
Comment le code évolue
- Fiches de modification (FM) numérotées en continu ; les parties modifiées sont marquées d'un trait vertical en marge. Une PTAN classe les FM.
- Errata publiés entre deux éditions.
- Demandes d'interprétation : un utilisateur pose une question sur un paragraphe, la sous-commission répond ; les réponses sont consultables en ligne.
- PTAN (publications techniques AFCEN) : guides d'application gravitant autour du code (analyse de risques, radioprotection, conservation de la matière, Pellini, tuyauteries à faible risque…).
- Les normes citées (EN, ISO) évoluent aussi ; leurs éditions de référence sont listées dans les tableaux
A 1300.
Point clé : un projet gèle une édition. Un équipement de Flamanville 3 se lit avec l'édition 2007, un équipement EPR2 avec le référentiel EPR2. « Ce que dit le RCC-M » n'a de sens qu'avec une édition.
Repères
Correspondance avec l'ASME
Utile pour lire la littérature internationale, très majoritairement écrite en référence à l'ASME Boiler and Pressure Vessel Code.
| RCC-M (AFCEN) | ASME BPVC |
|---|---|
| Section I, sous-section B (classe 1) | Section III, Division 1, Subsection NB |
| Sous-section C (classe 2) | Subsection NC |
| Sous-section D (classe 3) | Subsection ND |
| Sous-section G (internes) | Subsection NG |
| Sous-section H (supports) | Subsection NF |
| Section II (matériaux, STR) | Section II (spécifications SA, propriétés) |
| Section III (méthodes de contrôle) | Section V |
| Section IV (soudage) | Section IX |
| RSE-M (exploitation) | Section XI |
Différences notables : le RCC-M s'appuie sur les normes européennes, ses spécifications de matériaux sont plus prescriptives, et la surveillance repose sur l'organisme habilité et l'autorité française plutôt que sur le système américain d'inspecteur agréé et de tampon N.
Pour le projet
Points d'attention pour le RAG
- Licence d'abord. Le code est sous copyright, vendu en licence individuelle et nominative. L'indexer dans un outil partagé entre plusieurs personnes doit être autorisé (contrat Orano avec l'AFCEN, ou accord explicite). À vérifier avant de traiter le moindre PDF.
- Une édition = un corpus. Stocker l'édition (et le référentiel projet, ex. EPR2) en métadonnée de chaque passage, et filtrer dessus. Mélanger deux éditions produit des réponses fausses mais plausibles.
- Le paragraphe numéroté est l'unité naturelle (ex.
B 3234.2) : découper sur la numérotation, garder le chemin complet (section, sous-section, chapitre) et le titre de chaque niveau en métadonnée, citer le numéro dans chaque réponse. - Les renvois sont partout. Une règle de la sous-section C renvoie à B, à une STR, à MC, à S. Extraire ces renvois en graphe permet de ramener les paragraphes liés, sinon la réponse est incomplète.
- Statut normatif à étiqueter : règle, annexe obligatoire, annexe non obligatoire, RPP probatoire, PTAN, réponse d'interprétation, courrier de l'autorité. Le RAG doit dire d'où vient ce qu'il affirme.
- Tableaux et formules : valeurs de Sm, courbes de fatigue, tableaux de normes
A 1300, critères d'acceptation des défauts. Une extraction texte naïve les détruit ; prévoir un traitement dédié et des tests sur ces cas. - Bilingue. Le code existe en français et en anglais ; la terminologie diffère (« épreuve » / hydrostatic test, « STR » / TPS). Prévoir un glossaire de requête. Vérifier quelle langue fait foi.
- Traces de modification : les traits en marge et les fiches de modification permettent de répondre à « qu'est-ce qui a changé entre 2020 et 2024 ? », question fréquente en projet.
- Jeu de questions de référence à constituer avec des utilisateurs métier pour évaluer le système : retrouver une valeur, une règle, un critère, un renvoi, une différence entre éditions.
À faire
Questions à clarifier avec Orano
- Quelle édition (ou quel référentiel projet) doit être indexée ? Plusieurs ?
- Quels équipements sont visés : matériels de réacteurs (projets EDF, export), ou équipements d'usines du cycle ? Dans le second cas, pourquoi le RCC-M plutôt que le RCC-MRx ?
- Quels utilisateurs et quelles questions types : calculateurs, soudeurs, acheteurs, qualité, réglementaire ?
- Quel corpus d'appoint : errata, interprétations, PTAN, courriers ASNR, normes EN citées, documents internes Orano ?
- Quelle licence couvre l'usage du texte dans un outil partagé, et quelles contraintes de confidentialité (hébergement, modèle de langage local ou non) ?
Vocabulaire
Glossaire
| Sigle | Signification |
|---|---|
| AFCEN | Association française pour les règles de conception, de construction et de surveillance en exploitation des matériels des chaudières électronucléaires |
| ASN / ASNR | Autorité de sûreté nucléaire, devenue au 1er janvier 2025 l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (fusion avec l'IRSN) |
| CPP / CSP | Circuit primaire principal / circuits secondaires principaux |
| DESP | Directive européenne des équipements sous pression (2014/68/UE), PED en anglais |
| EES | Exigences essentielles de sécurité, fixées par la réglementation |
| EPMN | Document sur les mécanismes de dégradation à prévenir, à produire pour les ESPN ; l'AFCEN publie des guides de rédaction intitulé à vérifier |
| ESPN | Équipement sous pression nucléaire, et par extension l'arrêté du 30/12/2015 qui les régit |
| FM | Fiche de modification du code |
| INB | Installation nucléaire de base (réacteurs, usines du cycle, stockages…) |
| N1, N2, N3 | Niveaux réglementaires des ESPN, du plus au moins exigeant |
| PTAN | Publication technique AFCEN, guide d'application autour du code |
| REP / PWR | Réacteur à eau sous pression |
| RPP | Règle en phase probatoire (section VI) |
| STR / TPS | Spécification technique de référence d'un produit (technical procurement specification) |
| Sm | Contrainte admissible de base pour le calcul |
Traçabilité
Sources et fiabilité
Cette note est écrite sans accès au texte du code. Les faits marqués à vérifier viennent de connaissances générales sur le RCC-M et l'ASME et doivent être confirmés dans l'édition retenue. Le reste s'appuie sur :
- AFCEN, page RCC-M (objet et champ d'application, édition la plus récente) : afcen.com/fr/rcc-m/194-rcc-m.html
- AFCEN, RCC-M 2022 (contenu de la 13e édition) : afcen.com/en/rcc-m/312-rcc-m-2022
- AFCEN, RCC-M 2024 (contenu de la 14e édition) : afcen.com/fr/rcc-m/340
- AFCEN, référentiel RCC-M EPR2 : afcen.com/fr/rcc-m/371-rcc-m-epr2.html
- AFCEN, fiche de la sous-commission RCC-M (organisation, plan de l'édition, éditions en usage), octobre 2023 : fiche-rcc-m.pdf
- AFCEN, séminaire RCC-M 2022 (historique des éditions), 2023 : flyer RCC-M 2023
- ASN, courrier CODEP-DEP-2018-049551 du 17/10/2018 (qualification technique, ZY 320) : PDF
- ASN, courrier CODEP-DEP-2024-020756 du 24/04/2024 (dispositions jugées appropriées) : PDF
- AFCEN, guides d'évaluation de la maîtrise du RCC-M : afcen.com/fr/guides-evaluation-rcc-m
- Techniques de l'Ingénieur, « Codes et normes de conception et de construction des réacteurs » (BN 3220), pour l'historique.